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Bouygues Bâtiment Ile-de-France

La Bourse de Commerce - Pinault Collection : un écrin pour l’art contemporain

News - 15.09.2020

Après 34 mois de travaux menés tambour battant, les équipes de Bouygues Bâtiment Ile-de-France Rénovation Privée livrent la Bourse de Commerce à Pinault Collection. Ce bâtiment historique situé dans le 1er arrondissement de Paris s’apprête à accueillir la collection personnelle d’art contemporain de François Pinault, et s’ouvrira au public au printemps 2021 dans une atmosphère qui lie audacieusement l’architecture du 19e siècle et le design du 21e siècle.

Ériger un cylindre de béton de 9 mètres de haut et 100 mètres de circonférence, conçu par le maître de l’architecture contemporaine Tadao Ando, qui vient prendre place au cœur de la rotonde protégée de la Bourse de Commerce, tel est l’un des défis majeurs lancé aux équipes de Bouygues Bâtiment Ile-de-France Rénovation Privée. Mission accomplie. Comme tracée au compas par la main d’un géant, et emboitée derrière les murs historiques bâtis en 1766 par Nicolas le Camus de Mézières, l’œuvre, à la fois monumentale et aérienne, s’élève désormais au centre du monument. Il faut laisser glisser sa main sur ce béton lisse pour deviner combien ce travail a exigé d’attention. Lors de sa dernière visite du chantier, Tadao Ando a fait le plus beau des compliments aux équipes, déclarant que le béton figurait parmi les plus beaux qu’il ait jamais vus.

À l'issue de la restitution du bâtiment historique, l'ouvrage doit pouvoir être démonté dans le cadre du bail emphytéotique de 50 ans signé entre la mairie de Paris et Pinault Collection.
Ange Petenzi, Directeur des Travaux - Bouygues Bâtiment Ile-de-France Rénovation Privée

Une fois avancé au centre de ce vaste cylindre gris clair, le visiteur lève naturellement le regard vers la majestueuse verrière, qui plafonne à 35 mètres de hauteur. Il y a encore quelques mois, un échafaudage de 600 tonnes de fer empêchait la diffusion de la lumière. Restaurée, la verrière laisse aujourd’hui le ciel inonder le bâtiment. Mieux encore : elle remet en valeur le panorama marouflé de 1889, qui dépeint le commerce mondial sur les 1 400 m² de la voûte. Cette œuvre qui renvoie près d’un siècle et demi dans le passé peut désormais être observée de plus près, en montant sur une coursive qui entoure la cime du cylindre de béton, conférant à ce dernier une fonction tant pratique qu’esthétique.

 

 « La verrière a été restaurée à l’identique, mais avec des double vitrages et des matériaux modernes, ainsi que 51 châssis ouvrants permettant la ventilation et l’évacuation des fumées en cas d’incendie, explique Fabrice Duhamel, responsable Clos et Couvert du chantier. Nous sommes partis d’une passoire énergétique pour en faire un bâtiment bien isolé, répondant largement aux normes HQE ».

 

Pour accueillir le cylindre en béton et les œuvres d’art, la structure de l’édifice a été renforcée jusqu’à ses plus obscures fondations. Les planchers, qui pouvaient jadis porter 250 kg par mètre carré, supportent désormais 700 kg, et jusqu’à 1 000 kg par endroits.

 

Retour aux lignes originales

Tadao Ando était tout désigné pour donner vie à ce nouveau projet de François Pinault. Tadao Ando est entouré du cabinet Niney et Marca Architectes (NeM), en collaboration avec l’architecte en chef des Monuments historiques Pierre-Antoine Gatier et le maître d’œuvre SETEC.

« Nous avons restauré le dôme en ajoutant sur les zincs les ornementations qu’il y avait sur les plans originaux. Détruit par un incendie en 1854, la toiture avait été reconstruite de façon plus sommaire » précise Fabrice Duhamel. C’est donc un bâtiment extérieur revenu à ses lignes originales et abritant par ailleurs tous les ressorts de la modernité qui a été livré à son client en mars dernier. Les sous-sols et les étages, fraîchement rénovés, sont eux aussi à l’image de cette nouvelle harmonie entre deux époques. À l’aplomb, les équipes ont harmonisé les sous-sols pour accueillir des locaux techniques ; flambants neufs, ces espaces essentiels au bon fonctionnement du bâtiment ont des allures de machineries de sous-marins ; l’ensemble se trouvant sous un auditorium de 284 places. Sur plusieurs niveaux, c’est un enchevêtrement réfléchi de caissons, de tuyaux à vannes et de conduits enrobés d’isolants thermiques, placés sous une surveillance domotique constante. Jean-Baptiste Legoux, délégataire du chantier, précise : « Cinq techniciens de Bouygues Energies & Services sont présents en permanence pour assurer la maintenance et l’exploitation du bâtiment. Nous avons réalisé les locaux techniques en concertation avec les équipes de Bouygues Energies & Services Travaux, qui ont passé le témoin très rapidement aux équipes de maintenance afin que tout le fonctionnement leur soit parfaitement familier ». Partant du principe que l’entretien d’un bâtiment n’est jamais aussi bien assuré que par celui qui connaît le bâtiment par cœur, un contrat de dix ans a été confié à Bouygues Energies & Services pour en assurer la maintenance et l’exploitation technique.

 

De la Halle aux blés à " La Halle aux grains "

Dans les étages, que l’on atteint en ascenseur ou en gravissant les marches d’un escalier à double révolution, les salles d’exposition destinées à recevoir la collection Pinault ouvrent leurs fenêtres vers le centre de la rotonde. Au pied des hauts murs blancs, les sols contemporains sont en Terrazzo gris ; un matériau constitué de fragments de marbre agglomérés par un liant à base de résine. Un clin d’œil au passé.  « Le client n’a pas choisi au hasard ce matériau. Au rez-de-chaussée, les sols historiques que nous avons conservés sont en granito ; mais de marbres colorés » indique Jean-Baptiste Legoux. Une finition que l’on retrouve à tous les étages, y compris au sommet où se tient un restaurant dont les couverts sont répartis entre une salle à manger principale et des petits salons plus confidentiels. Bien illuminé, le restaurant, nommé ″ La Halle aux grains ″ en référence aux origines de la Bourse de Commerce, offre d’un côté un aperçu plongeant sur l’intérieur de la rotonde, et de l’autre, une vue aérienne sur l’église Saint-Eustache et la Canopée des Halles.

Jean-Baptiste Legoux confie : « Nous avons rehaussé le sol de 30 centimètres afin que les clients du restaurant, une fois assis, puissent bien profiter du panorama parisien ». Dans les cuisines, les plats seront concoctés par le chef triplement étoilé Michel Bras. Pour faciliter le travail de ses cuisiniers, le chef a souhaité que la disposition de ses meubles de cuisine soit identique à celle de son restaurant Le Suquet, situé à Laguiole (Aveyron). Les équipes de Bouygues Bâtiment Ile-de-France Rénovation Privée ont redoublé d'effort pour adapter l'agencement des cuisines et répondre à la demande des chefs.

En raison de l'épidémie de coronavirus, l'inauguration, initialement prévue en juin 2020 a été reportée au printemps 2021. Une ouverture très attendue par le public et tous les compagnons de Rénovation Privée qui pourront s'enorgueillir d'avoir œuvré à la remise en lumière exceptionnelle de ce bâtiment chargé d’histoire.